Understanding the nurse practice outcome: from silence to voice!

Massachusetts General Hospital

Visit and presentation

Aujourd’hui, le 27 juin 2017, nous sommes allés visiter le Massachusetts General Hospital (MGH). La visite a débuté par l’ancien bâtiment abritant la pièce où la première anesthésie à l’éther a été réalisée. C’est en effet en octobre 1846 que le chirurgien Dr. John Collins Warren a réalisé la première opération sans douleur dans le monde. C’est impressionnés et privilégiés que nous sommes allés dans cette salle, appelée “Ether Dome”, lieu qui a permis de débuter les opérations chirurgicales sans douleur et donc se préoccuper du bien-être du patient, élément primordial à notre profession.

 

Le MGH est composé de plusieurs bâtiments, à la manière du CHUV, sa capacité est de 1’000 lits pour les hospitalisations, comparé à 1’471 lits utilisés au CHUV, sans compter les consultations ambulatoires. Environ 4’875 infirmiers travaillent au sein du MGH contre 1’600 au sein de l’institution lausannoise. Pour la comparaison, il faut savoir que la cité de Boston abrite 750’000 citoyens et si l’on prends en compte sa périphérie, l’on arrive à un total de 4,5 million de personnes.  Lausanne compte quant à elle 144’290 habitants et si l’on compte son agglomération, son nombre augmente à 402’900 citoyens. Quelques 3’900 naissances ont eu lieu en 2015 au MGH et 3’057 au CHUV ce qui est un chiffre impressionnant si l’on compare la population de ces deux villes, donc un taux de natalité supérieur en Suisse.

Le MGH est le premier employeur privé de la ville de Boston, il contribue à l’équilibre économique de la cité et l’on peut constater que 19,6% de ses employés sont des infirmiers. La proportion des infirmiers au CHUV représente, elle, 15,25% des employés. Le ratio infirmier par patient est d’environ 1 pour  3-4 patients, comparé à 1 pour 8 à New-York et 1 pour 4-6 patients au CHUV.

Ci-dessous, une photo des maquettes du General Hospital, l’on peut voir sur la gauche à quoi ressemblent les différents bâtiments qui le constitue, bien qu’il manque les deux dernièrement construit. À droite, l’hôpital (en blanc) à sa construction.

4

Ayant son propre centre de don du sang/transfusion, l’hôpital utilise majoritairement le sang obtenu lors des dons. Le MGH sollicite d’ailleurs ses employés à donner leur sang. Innovateur en matière de chirurgie, c’est dans ses lieux que la première transplantation d’une main a eu lieu en 2002.

L’établissement est également un exemple dans les soins infirmiers, ayant obtenu la plus haute distinction qu’un hôpital puisse recevoir pour récompenser son excellence, le Magnet recognized hospital for Nurse.

Qu’est-ce qu’un hôpital aimant? Selon, Brönnimann; J-P., 2015, Les hôpitaux “aimants”- une lueur d’espoir pour le personnel soignant?:

“ Les hôpitaux aimant créent des conditions qui attirent – comme un aimant – le personnel soignant et, de surcroît, réussissent à le garder. Les études américaines ont montré que les hôpitaux aimant pouvaient jouir d’un taux plus élevé de personnel, malgré une pénurie de soignantes et de soignants à l’échelle nationale. Aux États-Unis les hôpitaux aimant sont soumis à une certification («The Magnet Recognition Program») qui est effectuée par le «American Nurses Credentialing Center» (ANCC). (…)
Les hôpitaux suisses ont fait très bonne figure au niveau de la qualité des soins et par rapport à la satisfaction des patients en comparaison avec d’autres hôpitaux européens. Par contre, elle a fait apparaître des différences considérables entre les hôpitaux.(…)
Une bonne formation professionnelle de base ainsi qu’une formation continue sont déterminantes pour assurer la qualité des soins et la satisfaction des patients. Malheureusement, la réalité est aujourd’hui souvent toute autre. Le personnel soignant manque de temps ou de ressources pour assurer les soins nécessaires. Il arrive souvent qu’une infirmière diplômée soit obligée de s’occuper à elle seule d’un cas d’urgence inattendu en plus des patients de son service. (…)
Les caractéristiques du magnétisme incluent le respect et l’estime réel à l’égard du personnel soignant et de son travail ainsi qu’une culture d’entreprise orientée vers le patient qui est fondée sur une collaboration d’égal à égal et sans complication entre le personnel soignant et les médecins.
Conclusion: Un taux moins haut de rotation du personnel – une meilleure qualité des résultats – coûts réduits.”

 

Understanding the nurse practice outcome: from silence to voice!

5

Au cours de notre visite au MGH, nous avons eu le privilège d’assister à la conférence annuelle donnée par Pat Daoust, directrice des soins infirmiers de l’établissement, sur la question du futur des soins infirmiers, notamment la corrélation entre la santé mondiale et le rôle de la profession infirmière.

L’époque de mondialisation dans laquelle nous vivons, avec le brassage et déplacements constants de toutes les cultures, induit l’évolution des problèmes de santé au niveau transnational, plutôt que national. L’équité en terme de santé mondiale sous-entend ainsi que l’on veut rendre les soins accessibles à tous et en ce sens, développer une vision globale.

Comment donc pouvons-nous éduquer nos infirmières afin d’acquérir ce sens de l’équité, s’est questionnée l’unité du MGH for Global Health. L’hôpital a pour cela mis en place des actions permettant l’immersion des cultures avec des programmes d’échange et des partenariats académiques dont 60% des sujets sont focalisés sur la santé mondiale.

La collaboration entre les écoles de soins infirmiers du monde entier soutient le but de trouver une vision pour l’expansion de l’enseignement infirmier en créant des critères d’excellence pour élargir le curriculum des compétences infirmières. Pour cela, une remise en cause du rôle de l’infirmier a été nécessaire. La profession infirmière a dû reconnaître le déficit présent dans la formation générale, c’est-à-dire les compétences de bases propres à la profession, tout comme la non-reconnaissance du champ des compétences cliniques avec par-dessus tout une difficulté d’accès à une progression académique de qualité.

Ce soucis de faire évoluer la profession fait écho à la situation académique Suisse dont il n’existe à l’heure actuelle qu’un master en Sciences infirmières. C’est un besoin auquel il convient de pallier car le nombre d’infirmiers n’a pas progressé mais au contraire décliné ces dernières décennies au niveau mondial. Pourtant, s’il y a bien une profession qui se distingue par son niveau d’éthique auprès du public, c’est bien la profession infirmière. Et ce, depuis plus de 14 ans consécutivement. Il devient ainsi primordial pour l’infirmier d’embrasser son rôle d’advocacy dans le fait de faire reconnaître l’indispensabilité de son rôle auprès de la société. Notre profession a des valeurs, et celles-ci doivent être défendues par des infirmiers devenus leaders dans la gestion des problématiques de santé globale, et non plus nationales ou locales. Le nombre fait la force. Nous sommes 35 millions à représenter cette profession et c’est ensemble que nous ferons évoluer les soins infirmiers. Car l’accès aux soins est un droit humain.

 

 

Swissnex: Connecting the world & Switzerland in science, education, art, & innovation

26.06.2017

Nous avons eu l’honneur de participer à une conférence donnée par Swissnex concernant la TeamPulse qui a participé à la Race Across America (RAAM). Cette dernière est une « ultra-course cycliste » qui relie les deux côtes des Etats-Unis, de Oceanside en Californie à Annapolis dans le Maryland, à quelques 300 km au sud-ouest de New York. Elle est connue pour être la course d’endurance la plus longue et la plus exigeante au monde.

9

La RAAM en quelques chiffres :

  • 4’800 km de course
  • 12 Etats traversés
  • 33’000 m de dénivelé
  • Des températures de -5° à 48°
  • 9 jours de relais non-stop
  • 8 cyclistes Teampulse
  • 1 équipe d’accompagnement

Les conditions extrêmes de ce défi en ont fait un terrain idéal et inédit, un véritable laboratoire in vivo pour étudier les paramètres physiologiques et psychologiques des sportifs (privation de sommeil, stress, conditions climatiques, etc.). Pendant la course, plusieurs déterminants de santé ont été relevés en temps réel afin de mesurer l’impact d’une telle épreuve sur l’organisme. A cette fin et dans un esprit d’innovation technologique, la HEIG-VD a développé une plateforme de gestion des données et des capteurs physiologiques qui équiperont les coureurs. Cette collaboration permet ainsi de faire émerger des programmes de recherche appliquée innovants alliant ingénierie et santé.

Afin d’effectuer leur recherche, ils ont inclus une étudiante sédentaire issue d’un programme progressif de remise à l’activité physique. De manière générale, nous avons retrouvés des coureurs en pleine forme, ravis de leurs efforts. Nous sentions bien que cette pratique intense de sport les avait boosté !

By Ariane & Jennifer

 

Références:

 

Publicités

Donner la vie, trop souvent donne la mort

Le sujet de la mortalité maternelle est controversé et souvent adressé de façon inadéquate. Ce matin l’ambiance en classe est plutôt sombre, une vidéo qui montre les conditions de soins périnatales en Bangladesh nous est montrée par Dr. Joyce K. Edmonds, une infirmière diplômée spécialiste des disparités dans le domaine de la périnatalité.

Le mot qui est le plus souvent utilisé est « preventable and inacceptable » : évitable et inacceptable. Effectivement, une grande partie des problèmes de santé pour le nouveau né et la mère dans les pays en voie de développement sont facilement détectables et simples à adresser avec des bonnes connaissances sur le sujet. Le majeur facteur de risque de la mortalité maternelle est le lieu où vit la mère.

La vidéo nous montre une jeune mère qui donne la vie sur un brancard, pas de couverture, pas de médecin. L’enfant ne répond pas, une grande quantité de ressources et infirmières sont mobilisées pour s’occuper du nouveau-né. Après quelques minutes de soins le petit reprend conscience et pousse ses premiers cris. Pendant ce temps, en absence de soins adéquats, la mère est toujours couchée dans le brancard, découverte, une grosse flaque de sang par terre. La prise en soins commence avec les signes vitaux, la systolique est à 60 et la diastolique à 30. La mère est transférée le plus rapidement possible vers un service plus adapté, mais il est déjà trop tard, elle mourra des suites d’une hémorragie dans les heures qui suivent.

L’hémorragie post-partum est responsable de 27% de la mortalité maternelle (WHO, 2014), et dans la plupart des cas c’est évitable, avec des simples interventions comme des massages à l’utérus pour favoriser sa contraction et l’administration d’ocytocine, une hormone qui favorise la vasoconstriction et la réduction du saignement.

Maternal mortality 1

Cet exemple est seulement un parmi des milliers de complications chaque jour. Les chiffres qui nous sont montrés sont impressionnants : chaque jours 800 femmes, dont 99% dans des pays en voie de développement, meurent suite à des complications évitables liées à la grossesse et à la naissance; ce qui représente ~1 décès toute les deux minutes. Encore une fois, le mot évitable est le plus frappant.

L’expérience professionnelle et personnelle de chacun a nourri les conversations et nous a permis de comparer de nombreux aspects et pratiques autour de la naissance et de la grossesse, notamment entre nos pays développés (Suisse, USA, …) et des pays moins développés (Afrique, Bangladesh, …) en incluant s’implication particulière de la culture et des croyances dans ce contexte et l’influence qu’ils ont / peuvent avoir sur la périnatalité.

Cette présentation a porté tous les collègues suisses à une forte réflexion : dans notre pays développé, la mort dans un contexte de périnatalité est très rare et en conséquences pas souvent adressée.

Nous avons été surpris d’apprendre qu’entre 1990 et 2013 aux USA, le taux de mortalité a augmenté de 6,1% et est passé à 18,5% au total, ce qui est un chiffre impressionnant, étant donné le nombre total de personnes vivant dans ce pays. Au vu de cette augmentation, nous avons discuté l’influence du milieu et de la technologie à disposition dans un contexte de périnatalité sur les taux de mortalité maternelle, le nombre d’accouchement par césariennes ayant significativement augmenté par exemple.

Dans le cadre de cette Summer University, qui est focalisé sur le populations vulnérables, la maternité est donc plus que pertinente. En effet, les coûts de la santé explosent, mais il n’y a pas davantage de bénéfices à l’encontre des populations vulnérables. La possible piste d’amélioration serait de mettre plus de fonds dans la prévention primaire, secondaire et tertiaire.

La maternité est le début de la vie et l’origine des populations, pour cette raison, la qualité de vie dans le domaine périnatal pour les mères et les enfants est un indicateur très important de la qualité des soins dans un pays.

By Patrick and Oriane

Maternal mortality

“Women are not dying because of diseases we cannot treat… they are dying because societies have yet to make the decision that their lives are worth saving”

(Dr. Mahmoud Fathalla, Professor of Obstetrics, Founder of Safe Motherhood Initiative)

Visite de l’hôpital des Vétérans de Boston

Jeudi 22 juin 2017

Départ pour la visite !

Ce matin-là, nous partions dans un grand bus jaune à l’américaine, dans un hôpital de vétéran. L’enthousiasme était présent chez chacun d’entre nous hormis l’heure du réveil.

Nous nous réjouissions de découvrir et d’en apprendre d’avantage sur cet hôpital. En Suisse, il n’existe pas d’établissement de santé pour vétérans et cette population n’est pas autant valorisée qu’aux Etats-Unis. Beaucoup d’interventions centrées sur le patient vétéran sont mises en place, car on ne se rend pas compte mais beaucoup de conséquences agissent sur l’homme après la guerre.

Nous avons également visité les locaux de l’hôpital, c’est un grand bâtiment avec plusieurs services comme la médecine, la chirurgie, les soins intensifs de cardiologie, le bloc opératoire, etc. Une équipe pluridisciplinaire est présente et propose en fonction des besoins du patients de l’accuponcture, de la physiothérapie ou de la kinésiothérapie.  Nous avons également noté quelques différences quant au matériel mis à disposition et utiliser dans leurs services. C’est en marchant dans les couloirs d’un service que nous avons découvert un robot, assez similaire au droïde dans Star Wars. Ce dernier va chercher les médicaments de la pharmacie pour les amener dans le service pour éviter ainsi des allers-retours, ingénieux non ? Une autre différence remarquée est la distrution des médicaments, celle-ci se fait à partir du code barre du bracelet d’identification qui permet d’ouvrir son tiroir de médicaments, le principe est similaire à celui que nous utilisons dans nos supermarchés suisses. Ce fonctionnement assure un meilleur contrôle de cette tâche et évite d’avantage d’erreur médicamenteuse, une façon de faire qui n’existe pas actuellement en Suisse.

Concernant les chambres, il s’agit en général de chambre seule voir à deux, elles sont toutes munies d’une cygogne accorchée au plafond permettant de mobiliser un patient ayant des difficultés. Un détail assez captivant, car en Suisse, vous ne trouvez pas plus de deux cycognes dans l’unité. Un détail mais qui favorise une meilleure prise en soin de la mobilité tout en permettant une meilleure adaptation des conditions de travail pour les infirmières, l’ergonomie.

Une autre information que nous avons soulevée est la charge de travail de l’infirmière durant sa journée. Le nombre de patients varie entre quatre voire cinq pour une unité standards comme la médecine ou la chirurgie, en soins intensifs deux patients sont autorisés par professionnel de la santé. Tandis qu’en Suisse selon le département dans lequel vous travaillez il s’agit parfois du double de patients à votre charge.

Conférence

20170622_085059

Evidenced base nursing

Ensuite, nous avons eu l’opportunité de suivre une conférence à propos des bases de recherche cliniques concernant toujours les vétérans. Dans cet hôpital, ils ont un programme spécial pour les jeunes diplômés qui, en sortant de l’école, font une année en tant d’infirmier assistant, « residency nurse ». Ce statut leur permet d’être supervisé pendant une année afin qu’ils puissent pratiquer dans les soins tout en ayant du temps disponible pour étudier dans la recherche. Etant dans la rédaction du travail de Bachelor pour certains et suivant les cours de recherche pour d’autres, la comparaison était intéressante. Dans cet hôpital de Boston, les infirmiers(ères) identifient une problématique clinique, créent une question de recherche selon le PICO, cherchent ensuite des articles ou autres documents scientifiques qui permettent d’apporter des connaissances à ce sujet. Ensuite, ils posent et consolident la problématique par l’apport de preuves puis proposent leurs propres interventions qui sont appliquées dans leur service et évaluent finalement leur efficacité. Après, elles exposent les résultats, les limites de l’étude, ainsi que les recommandations pour la pratique. En plus de chez nous, ces jeunes infirmiers(ères) identifient le problème et proposent des stratégies. C’est un bon exercice pour s’entraîner à développer la compétence d’analyse. Nous identifions donc une plus-value autant pour les services que pour les professionnels et les patients.

En plus de cela, nous avons été positivement surpris du système de soin qu’offre cet hôpital et que de tels projets naissent à l’intérieur d’un établissement de soin. Nous voyons ceci comme une grande opportunité pour le personnel de développer des actions de recherches. En effet, ils ont l’accessibilité de travailler tout en élaborant des recherches ou de s’engager dans des formations postgrade. Nous réalisons concrètement ce que veut signifie « soins infirmier forts » que nous défendons actuellement en Suisse. Cet engagement, ces initiatives renforcent leurs compétences et participent à l’évolution des soins.

D’ailleurs, nous soulignons ici une richesse de l’expérience de la Summer University : à chaque intervention à laquelle nous avons participé, que ce soit les cours ou les visites, les intervenants possédaient une panoplie de grades et une expérience dans les soins remarquable. Nous avons particulièrement apprécié ce point car nous avons eu des échanges très intéressants avec les professeurs, ce qui encourageait à participer davantage aux cours.

Différents sujets de recherche

Durant cette conférence, plusieurs sujets d’études à propos des vétérans ont été traités. Par exemple, un groupe de trois infirmiers, anciens étudiants du Boston College, ont créée un projet de recherche s’appelant « On the move ». Il consiste à proposer des exercices physiques pour cette population, dans un environnement silencieux et qui facilite le recentrement sur soi-même et ses émotions. Les résultats ont démontré une grande diminution de l’anxiété, de l’agitation, de la consommation de d’alcool et de différents symptômes liés avec les maladies mentales suite à un stress post traumatique (PTSD) suite à la guerre.

Nous avons aussi suivi le projet de recherche de deux infirmières qui ont traité le sujet de l’utilisation des moyens auxiliaires pour le transfert des patients. Nous avons remarqué qu’ils emploient les mêmes stratégies que chez nous en Suisse et avec le matériel. Cependant, nous nous sommes quand même interrogés sur la façon dont laquelle les vétérans réagissent avec cet équipement ; ils ont probablement dû se débrouiller de manière autonome et dans des conditions laissant à désirer, quelle est la réaction face à cet appareil qui rappelle sans arrêt l’handicap ? Une des professionnelles de la santé a confirmé que c’est un bon point à étudier.

Etendue du problème

En plus de ces sujets là, nous avons aussi discuté de la place de la femme vétérane, de l’état de santé des soignants travaillant avec une population vulnérable, des conditions de travail et d’autres sujets. À ce moment nous avons particulièrement été sensibilisés à l’étendue des conséquences qu’amène un soldat à aller combattre pour son pays, pour une histoire de conflits entre pays. C’est une épreuve de gérer les séquelles physiques et psychiques de cette population, mais en plus il faut mettre en place de nombreuses infrastructures et dispositions pour améliorer leur qualité de santé.

Clélia & Laura

DSC_1183 (2)

Une journée à la SU de Boston !

Nurses’ Ethical Responsibilities For Individual and Social Good: Chronic illness and vulnerability Outline and Slides

Ce matin, nous avons eu une conférence sur l’éthique dans les soins par Kelly D. Stamp qui nous a permis d’avoir une autre vision que celle que nous avions déjà eu à travers les cours en Suisse. En effet, dans notre future profession nous serons souvent confrontés à des dilemmes éthiques à résoudre en pluridisciplinarité.
Pour illustrer la théorie , les professeurs nous ont demandé de mettre en pratique les différents concepts à travers la situation d’une dame âgée souffrant de maladie cardio-vasculaires et ayant une diminution dans les activités de la vie quotidienne engendrant une difficulté à vivre seule. Nous avions une grille avec des questions à disposition afin de trouver la meilleure suite de prise en charge de cette dame.  Grâce à un exemple, nous avons soulevé différents problèmes qui ont finalement constitué des enjeux éthiques. Cette approche diffère de nos habitudes où nous étudions d’abord l’analyse des enjeux et l’appliquons ensuite à des situations. Cet exercice a également été enrichissant par la mise en commun des différentes connaissances venant de nos amis chiliens, américains et nos collègues de La Source. Nous avons, par un exemple, proposé plusieurs approches selon ce qui se fait habituellement dans nos pays respectifs. L’offre en soins étant différentes aux US, nous avons dû envisager d’autres options que celles habituellement proposées en Suisse. Ainsi cette dame bénéficierait plus rapidement d’un placement en EMS que de soins à domicile. Nous avons également dû tenir compte des ressources de cette personne et de son environnement, l’accès aux soins étant très variable selon le revenu et le type d’assurance. Cet exercice a également souligné l’importance du travail de groupe et la richesse qu’amènent les visions de chacun, au final nous faisons le même métier.

 

Transport public

FullSizeRender

Figure 1: photo représentant le Boston T (15.06.2017) par Loïc Aubort

Notre transport public, le Boston T, préféré celui qui nous permet d’aller au centre-ville ou de visiter Boston. Nous ne pouvons plus compter les innombrables heures passées dedans à se découvrir l’un l’autre, à se reposer ou à y rire tous ensemble.

Nous avons dû nous acclimater à faire une heure de trajets pour se rendre au centre-ville de Boston, contrairement à Lausanne où nous y sommes en quelques minutes. Ce décalage est dû à la vitesse des transports publics et de la taille de la ville.

Ce transport public nous a permis d’apprécier une visite de la ville à une vitesse qui contraste avec le rythme de travail de notre société et des semaines précédentes la SU qui étaient dictées par les examens.

Boston Duck Tours

IMG_5875

Figure 2: photo représentant le Duck. (15.06.2017) par Michaël Perrenoud

Après une compétition longue et acharnée, nous sommes heureux de vous présenter Miss & Mister Boston Duck Tours de la SU Boston 2017.

Après les cours, place à la visite de Boston ! Nous avons fait un tour de ville passant par le golden-domed State House, Bunker Hill, Boston Common, Copley Square ainsi qu’une croisière sur la Charles River à bord d’un fameux DUCK, un véhicule amphibie de l’armée recyclé de la Seconde Guerre mondiale capable de rouler sur terre comme de naviguer sur l’eau. Cette visite guidée nous a permis d’en apprendre davantage sur cette grande ville et d’en connaître son histoire comme savoir que c’était les Indiens Algonquins qui occupaient la région de Boston avant l’arrivée des premiers colons anglais en 1630.

Lors de ce tour d’approximativement deux heures, nous avons navigué sur l’eau et certains étudiants ont même pu prendre les commandes du Duck.

 

The party on the Campus in Boston College

Soirée Fajitas !

Nous nous sommes réunis pour manger tous ensemble des fajitas préparés par nos amis chiliens. Ces moments nous permettent de nous rapprocher et de partager nos cultures.

Pour continuer la soirée sur une bonne note, nous avons fait un ping-pong avec les moyens du bord en utilisant des tongs en guise de raquettes et la table de la salle à manger comme table de ping-pong grâce à l’imagination des étudiants.

 

Good atmosphere!

IMG_5876

Figure 4: photo représentant la bonne humeur du groupe. (15.06.2017) par Michaël Perrenoud

Le plus important ! La journée s’est déroulée dans la joie et la bonne humeur. Les sourires étaient au rendez-vous comme le montre ci-dessus la photo.

Cette bonne ambiance est possible grâce à l’ouverture d’esprit, au respect et à l’intérêt que chacun porte à l’autre ce qui crée une superbe entente entre nous !!!

Perceptions des américains sur les populations LGBT et souffrant d’une maladie psychiatrique

Aujourd’hui, nous avons suivi deux conférences à Boston College en lien avec les populations vulnérables. La première portait sur la pauvreté et les maladies psychiatriques. La seconde traitait de la population LGBTQ.

Le cours sur la pauvreté en lien avec les maladies psychiatriques nous a été donné par Madame Carol Ann Marchetti qui a travaillé en tant qu’infirmière praticienne dans une unité de stabilisation de crise psychiatrique. Madame Marchetti nous a exposé la problématique de la pauvreté associée à la maladie mentale. En effet, la pauvreté engendre énormément de comportements tels que l’anxiété, le stress, l’isolement, le syndrome post-traumatique ce qui implique un grand stress. Ces facteurs stressants favorisent l’apparition de maladies psychiatriques.

Aux USA, nous avons été surpris d’apprendre que les infirmières praticiennes en psychiatrie pratiquent la psychothérapie et sont autorisées à prescrire certains médicaments. Nous avons trouvé intéressant qu’elles puissent faire cela et donc être plus indépendantes qu’en Suisse. Ces compétences permettent une prise en charge encore plus globale.

Nous avons également appris qu’aux USA, ces dernières années, il y avait plus de patients avec des troubles psychique et en contre partie une baisse drastique du nombre de lits en psychiatrie. De plus Ces personnes qui ont des maladies psychiatriques mais qui ne sont pas hospitalisées sont soit en prison, soit sans domicile fixe ou alors sont en hôpital somatique. Les patients psychiatriques ne sont pas toujours pris en charge dans des structures adéquates. Il en va de même pour les urgences, certains patients doivent y rester longtemps avant d’avoir une place en psychiatrie.

En Suisse, les places en psychiatrie sont généralement aussi rapidement pleines mais ces patients n’attendent pas dans les urgences, car une prise en charge rapide se fait une fois que le patient qui décompense psychiatriquement est arrivé aux urgences.

Lors de ce cours, nous avons également abordé les stigmatisations à propos des maladies psychiatriques ainsi que les mythes souvent rencontrés au sein de la société. Les patients psychiatriques ne sont pas soutenus par la population qui les juge, les discrimine et en a peur. Nous avons pu remarquer que les mythes sur la psychiatrie étaient les mêmes aux USA, au Chili ou en Suisse.

Dans le cadre de Santé 2020, la Suisse a également un objectif pour renforcer la promotion de la santé et la prévention des maladies dont un item pour la psychiatrie:  “Promotion de la santé psychique et amélioration de la prévention et du dépistage précoce des maladies psychiques, afin d’en réduire l’incidence; il s’agit en particulier d’éviter l’exclusion du monde du travail des personnes atteintes d’une maladie psychique.” (OFSP, 2013). Ceci montre l’implication de notre pays pour promouvoir des soins efficients dans le domaine de la santé mentale.

A propos des traitements, nous avons relevé un point intéressant et différent de chez nous. En effet, aux USA, la télépsychiatrie est couramment pratiquée. Il s’agit de procurer une psychothérapie par Skype. Ce traitement nous a questionné, car d’un côté il permet de pratiquer une psychothérapie n’importe où, peu importe la distance ce qui est très positif pour les Etats-Unis vu la grandeur du pays. Madame Marchetti a mis en avant que les patients peuvent être plus à l’aise pour s’exprimer, car ils sont dans un environnement qu’ils connaissent et qu’ils ont choisi. Le patient peut se sentir moins “observé, “passé au crible” par le psychothérapeute. D’un autre côté, nous avons relevé que la télépsychiatrie peut déshumaniser la thérapie du fait qu’il n’y ai une diminution de la relation soignant – soigné.

Ce cours nous a permis de prendre conscience que le statut socio-économique a une grande influence sur les maladies psychiatriques. De plus, il est de notre rôle infirmier de détecter les multiples vulnérabilités qui accompagnent les personnes souffrant de troubles psychiatriques et de les accompagner avec des approches systémique telle que celle de Madame Calista Roy que nous avons recontrée les semaines précédentes.

Le deuxième cours traitait des vulnérabilités auxquels est confrontée la population LGBTQ  aux USA plus particulièrement lors de leur prise en charge en milieu de soins. Dans notre société occidentale, les personnes faisant partie de ces minorités sont plus médiatisées, les gens en parlent davantage. Ainsi, il est donc plus aisé d’affirmer son identité sexuelle et de genre. Ce qui implique des modifications de nos comportements en tant que professionnels de la santé si nous voulons respecter les besoins de nos patients et leur offrir une prise en charge de qualité emplie de bienveillance et de soutien.

Le cours qui nous a été donné par Madame Mélissa K. Perez infirmière praticienne, débutait par une description de termes spécifiques tels que identité de genre et identité sexuelle. Effectivement, il nous semble important de ne pas faire l’amalgame entre les deux, l’identité sexuelle représente la personne avec qui quelqu’un est engagé émotionnellement, spirituellement, sexuellement et sentimentalement. Ceci comprend donc les orientations communément décritent telle que hétérosexuelle, lesbienne, gay et bisexuelle mais aussi tout un autre large et riche panel d’identités sexuelles. Ce terme étant bien distinct de l’identité de genre, qui elle se réfère au genre auquel la personne a le ressenti d’appartenir et non son sexe attribué à la naissance. Encore une fois, il existe une multitude de différents genres dans lesquels les gens peuvent s’identifier. En tant qu’infirmier, il est important d’être au clair avec cela pour ne pas heurter les gens et adapter les pronoms ainsi que les noms que nous utilisons à ceux choisis par la personne.

Ce cours se centrait donc sur la communication adéquate à adopter pour respecter les besoins des gens de la communauté LGBT. Élément qui nous paraît primordial dans la mesure où cela demande un peu d’adaptation de notre part mais peut faire une énorme différence pour les personnes expérimentant du stress lié à cela au quotidien. Un stress important à l’idée de devoir consulter le corps médical et de mauvaise expérience lors de visite de santé peuvent mener cette population à s’isoler et ne pas venir consulter même lorsque que leur état de santé le nécessite réellement. Il a été soulevé, durant le cours, que cette population était encline à ne pas venir recourir à de l’aide médicale lors de problème de santé et ceci en partie due à des mauvaises expériences vécues lors de précédentes visites à l’hôpital.

Il est clair que cette population fait face à de nombreux challenges une fois la porte d’un établissement de soins franchie. Les jugements et les mauvaises interprétations de leurs genres et sexualité sont encore bien trop d’actualité. Durant le cours, nous avons vu des témoignages de personnes transexuelles qui expliquaient les épreuves qu’elles avaient vécues à l’hôpital ou chez leur médecin traitant ;  utilisation de mauvais prénom, stigmatisation, méconnaissance du corps d’une personne transexuelle et attitudes plus que jugeantes sont des éléments que ces personnes expliquent avoir subi. Ce qui a une conséquence direct sur la pause du diagnostique qui parfois peut se faire tardivement ou pas du tout. Aux Etats-Unis, il reste donc encore du chemin à faire malgré les nombreux événements qui sont mis en place pour la défense des droits de la communauté LGBT, notamment la gay pride à laquelle nous avons pu prendre part durant notre première semaine à Boston. Nous avons été admiratifs devant l’énorme soutien intergénérationnel et interculturel déployés par la population pour soutenir et manifester pour cette cause. Nous avons pu prendre part à cette ambiance festive empreinte de respect et de cohésion. Nous avons trouvé qu’un événement comme celui-ci pouvait permettre à la population d’entendre parler et de mieux comprendre la communauté LGBT.

En Suisse, il reste encore du chemin à faire, même si les différentes orientations sexuelles sont actuellement bien acceptées et de plus en plus représentées. Il n’en est pas de même pour les transexuels qui souvent souffrent de la méconnaissance des gens. Même s’il est difficile de s’accorder sur les chiffres pour connaître le nombre de personnes transexuelles ou ne s’identifiant au sexe auquel ils ont été assigné à la naissance, il est certain qu’il s’agit d’une population que nous allons rencontrer de plus en plus dans le monde de la santé. Il est important, selon nous, de défendre cette population et de mettre en place tout ce qui est possible en tant que professionnel de la santé pour leur permettre de se sentir confortable lorsqu’il nécessite de l’aide médicale.

La dernière partie du cours était centrée sur des études de cas avec différentes situations où les soignants stigmatisent la population LGBT. Nous devions exprimer de quelle manière les choses pouvaient être exprimées de manière différente afin de respecter l’intimité, la sexualité et le genre des gens de manière générale. Différentes techniques sont ressorties mais l’essentielle à retenir était faire preuve d’authenticité, poser les questions de façon à ne pas offenser les gens, éviter de dire “Monsieur ou Madame” dans une phrase avant de savoir comment la personne s’identifie et bien sûr faire preuve de non jugement envers nos patients. Nous avons tiré beaucoup de ce cours car il nous a apporté des savoirs faire pour se comporter adéquatement et nous sommes convaincus qu’il s’agit du rôle de l’infirmier de promouvoir auprès de tous les professionnels de la santé le respect de la population LGBT.

Laetitia & Ryan

20170610_193725Figure 1 : Monument customisé à l’occasion de la Gay pride 2017 à Boston. Photo prise par Ryan Chesaux

Visite de Pine Street Inn

P1070428

 

Plus de 500’000 personnes sans-abris ont été répertoriées en 2015 aux Etats-Unis (Reuters, novembre, 2015), ce chiffre met en avant l’importance de ce problème aux USA.

Le contexte économique des USA rend la prise en charge de ce problème particulièrement difficile. En 2008, la commission du Massachusetts a publié un rapport proposant un plan afin de lutter contre le problème des sans-abris (Pine Street Inn, 2017). Cependant, les solutions permettant de mettre fin à ces situations demandent un rassemblement important de ressources. Le besoin d’un logement abordable est indéniable pour les personnes sans-abris. Plusieurs programmes gouvernementaux ont dans leurs mains des listes d’attentes de plusieurs années pour ce type de logements. Plusieurs initiatives de préventions sont mises en places et elles permettent de fournir le soutien ou l’aide nécessaires aux familles afin qu’elles puissent rentrer chez elles (Pine Street Inn, 2017).

Aujourd’hui nous avons eu l’opportunité de visiter Pine Street Inn. Fondée en 1968, Pine Street Inn est non seulement une résidence « housing » et également un abri d’urgence. Comme nous pouvons le lire sur leur site internet, leur mission est de « fournir la gamme complète de services pour aider les hommes et les femmes à atteindre leur niveau d’indépendance le plus élevé et revenir à un endroit qu’ils peuvent appeler chez eux. » [Traduction libre] (Pine Street Inn, 2017).

1

Le « housing » est une résidence typique avec des chambres privées, cuisines communes, des salles de bains et des espaces de vies. Les locataires doivent payer jusqu’à 30% de leurs revenus annuels, ce qui équivaut environ à 9 000 $ par années. Cela permet alors a beaucoup de personnes de pouvoir surmonter le coût du marché.

L’abri d’urgence est considéré comme un lieu de refuge pour les sans-abris de Boston. Il permet alors d’offrir du soutien, un logement, une formation professionnelle, des enseignements thérapeutiques et des sensibilisations concernant les problèmes de la rue. Chaque nuit, près de 700 hommes et femmes viennent s’y réfugier [Traduction libre] (Pine Street Inn, 2017).
Il existe plusieurs refuges comme celui-ci à Boston. Celui que nous avons visité est uniquement pour: les femmes et les hommes. Les familles ne sont pas acceptées parce que les personnes qui se rendent à Pine Street Inn sont acceptées même si elles sont sous l’emprise de drogue ou de l’alcool. Cependant, la consommation de toutes substances est interdite au sein de l’hébergement.
En plus d’offrir plus de 230 000 lits au cours d’une année, cette fondation offre une restauration et des soins de santé.

Concernant les soins de santé, il existe d’autres logements spécialisés pour les personnes âgées, les personnes ayant des maladies chroniques ou celles connues pour des psychopathologies ainsi que le HIV.

 

Des adultes, des familles, des enfants peuvent se retrouver sans-abris pour de multiples différentes raisons. De manière générales ces dernières sont: Le manque de logements abordables, les bas revenus, perte d’un revenu ou de son travail, psychopathologies, toxicomanies et les violences familiales (Pine Street Inn, 2017). Des statistiques datant de 2016, provenant de Pine Street Inn ont mis en avant que 80,7% des personnes sans-abris qui se sont rendues dans cette fondation souffraient d’une maladie ou plus, 49,7% de maladies mentales, 35,6% de maladies mentales sérieuses et 50,0% de toxicomanies.  Ce même rapport statistique a mis en avant que la majeure partie de la population était blanche à 54,1% et 41,5% noirs ou afro-américaines et est âgée de 36-50 ans. Ces statistiques démontrent quelles sont les populations les plus vulnérables.

 
Nous avons donc eu l’opportunité de visiter cet endroit. En premier lieu, nous avons pu découvrir les dortoirs des hommes. La visite a été guidée par une volontaire travaillant à Pine Street Inn. Nous étions étonnés de ne pas voir de personnes dans les dortoirs. Elle nous a alors expliqué qu’il était important qu’ils aient des activités durant la journée. C’est une raison pour laquelle les sans-abri  ne peuvent pas venir dormir l’après-midi. De plus, chaque jour, tous les lits sont lavés et cela prend beaucoup de temps. Il nous a été expliqué qu’il s’agit d’une véritable loterie sur le choix de qui passera la nuit à Pine Street Inn. L’abri n’ayant pas la capacité d’accueillir toutes les personnes dans le besoin, la règle « du premier arrivé, premier servi » s’applique. Cependant, lors de situations particulières, telles que lors de tempêtes de neige accompagnées de grands froids, il est possible d’ajouter des lits. Finalement, la volontaire a mis en avant que la seule condition pour dormir ici est qu’il est obligatoire de prendre une douche avant d’aller au lit.

 

 

Nous avons eu aussi la chance de visiter les cuisines communes, les salons communs et un espace extérieur. Il était intéressant de constater que l’endroit était protégé des vues extérieurs. En effet, la volontaire a expliqué qu’auparavant ils avaient un accès visuel direct sur la rue, mais ils accordent une importance particulière à la propriété privée. Les personnes sans-abris n’ont plus cette sensation d’appartenance à un endroit, de chez soi. Il est alors important de leur faire sentir que cet endroit leur appartient.

 

7

 

Nous avons aussi pu visiter le dortoir des femmes qui est davantage accueillant puisqu’il a été repeint récemment et le sol a été refait. La couleur rose pâle sur le mur et le parquet apportaient une ambiance fraîche et reposante. Le dortoir des femmes est cependant beaucoup plus petit, les femmes étant bien moins nombreuses à venir passer la nuit à Pine Street Inn. En effet, une différence statistique significative a été mise en avant: 79,3%  des personnes se rendant à Pine Street Inn sont des hommes et 20,3% sont des femmes. Les deux raisons pour lesquelles il y a moins de femmes à Pine Street Inn sont que: il y a moins de femmes sans-abris que d’hommes car elles ont souvent des enfants ce qui les poussent à s’en sortir en trouvant des ressources internes et externes et le fait que cette fondation n’accueille pas des familles pour des raisons de sécurité.

 

8

 

Nous avons terminé la visite par l’infirmerie. Nous sommes entrés dans cet endroit assez confiné. Sur la porte, il était inscrit les horaires de tests gratuits pour le HIV. Une infirmière nous a accueilli pour nous expliquer la manière dont les services de soins fonctionnent. Son énergie était captivante, sa passion, sa patience dont elle faisait preuve était réellement touchante. «Si tu travailles ici en tant qu’infirmière tu dois laisser tes préjugés derrière la porte. Tu dois apprendre le fait que ce qui se passe ici ce n’est jamais à propos de toi. Tu es amené à faire des choix difficiles, qui parfois peuvent briser la relation que tu as avec ton patient, et peuvent provoquer des violences. Alors, tu dois apprendre que ce n’est pas à propos de toi, tu apprends à laisser la personne se calmer, tu te retires et quand tu peux, tu reprends contact».  Ces mots très forts ont démontré les capacités empathiques, d’écoute et de savoir-être qu’il est nécessaire d’avoir pour travailler dans cet endroit.

 

9

 

Les professionnels de la santé présents à la clinique sont des : infirmières, infirmières praticiennes et médecins. L’infirmière a insisté sur le fait que la collaboration est très importante à Pine Street Inn. Ils travaillent tous ensemble non pas dans une vision de hiérarchie mais en s’appuyant sur le cahier des charges. Les infirmières praticiennes peuvent prendre certaines décisions en matière de soins sans un avis médical. Par exemple, nous avons discuté de l’hospitalisation: La plupart des personnes sans-abris ne veulent vraiment pas être hospitalisées et il est important pour les professionnels de respecter ce choix. Cependant, certaines situations ne laissent pas la possibilité de respecter ce choix, comme une hypertension sévère ou une overdose. Du moment donné qu’il a été objectivé que la personne n’a pas sa capacité de discernement, alors l’infirmière praticienne peut prendre la décision d’hospitaliser le patient.

L’infirmière a précisé que les overdoses sont courantes au sein de Pine Street Inn. La nuit précédente, l’équipe avait pris en charge trois personnes faisant une overdose. Il fait partie du rôle propre de l’infirmière de pouvoir administrer du Narcan® (antidote des morphinomimétiques) sans prescription médicale.

Un accent particulier a été mis sur l’enseignement thérapeutique ; dans l’idée de maintenir la personne à un niveau de santé optimale et la maintenir indépendante au maximum en matière de soins, un temps important est consacré à l’enseignement thérapeutique, comme par exemple chez les patients diabétiques. Les infirmières prennent du temps pour discuter des traitements et des complications tel que le mal perforant plantaire. Une réelle relation thérapeutique se crée entre la personne sans-abris et le soignant. L’infirmière a ajouté qu’il est courant d’assurer un suivi médical auprès de la personne, de lui demander de venir chaque jour pour refaire un pansement etc., et que c’est quelque chose qui fonctionne très bien.

L’infirmière a conclu sur le fait qu’il n’y a pas de patient difficile. Cependant, certaines barrières environnementales telles que  le manque de temps complique la prise en charge. Néanmoins, elle a précisé qu’il faut savoir prendre ce temps et toujours considérer la personne avec des soins individualisés.

Cette visite à Pine Street Inn a été enrichissante aussi bien d’un point de vue personnel que professionnel. Nous avons été confronté à un problème d’une grande ampleur qui n’existe pas à cette échelle en Suisse. En effet, l’aide sociale en Suisse prend en charge ces personnes. En tant qu’infirmières nous ne sommes donc pas directement confrontées aux personnes sans-abris. Cependant, cette visite nous permis d’identifier la nécessiter d’assurer des soins infirmiers aux personnes dans le besoin.

Nous avons pu nous rendre compte de l’ouverture d’esprit dont font part les volontaires dans cette fondation et des compétences nécessaires pour travailler en tant qu’infirmière dans cet endroit. Les compétences identifiées sont : l’écoute, l’empathie, la patience, le respect, le non-jugement et une bonne réflexion clinique. De plus, nous nous sommes rendus compte de l’importance d’être authentique dans ce type de prise en charge et d’être au clair avec sa propre personne. Afin de ne pas se laisser envahir émotionnellement par certaines histoires de vie qui peuvent être réellement difficiles.

 

Le « Take Home message » avec lequel nous souhaitons conclure est « Homeless, not Hopeless »

( Southern Poverty Law Center , 2017)

 

10

 

 

 

Be Here, Be Ready, Be Safe, Be Responsible, Be Respectful

Les élèves de l’école que nous avons visité sont entourés, en plus des professeurs, d’une équipe d’éducateurs afin de répondre au mieux aux besoins de chaque enfant. L’école prépare les élèves aux études supérieures car, selon la philosophie de l’établissement, chacun peut atteindre une formation académique au sein d’un environnement motivant. De plus, l’école a mis sur pied le programme « Boys and Girls club » qui vise à promouvoir l’alimentation saine chez les enfants. En effet, l’accès à la nourriture de qualité est difficile de part son coût. Les étudiants peuvent prendre leurs repas de midi et du soir à l’école. Dans cette continuité, l’écolxe distribue des tickets aux parents afin qu’ils puissent acheter des légumes et des fruits lorsqu’ils viennent chercher leur enfant. De plus, les éducateurs encouragent les écoliers à rester à la fin des cours pour travailler sur leurs devoirs afin que ceux-ci ne soient pas livrés à eux-mêmes à la maison ou dans leur quartier.

Lors de notre arrivée au Boston College, nous avons été avertis que nous allions visiter cet établissement scolaire. Nous avons été répartis en quatre groupes avec au sein de ceux-ci des étudiants venant de La Source, d’HESAV, du Chili et de Boston afin de renforcer les liens. Chaque groupe devait choisir un pays, dessiner son drapeau et choisir un jeu emblématique de ce pays.

Mardi après-midi nous nous sommes rendus à l’école en empruntant la fameuse « green line » du T. Arrivés à l’école, nous avons décidé de faire les activités à l’intérieur dû à la forte chaleur. Nous avons d’abord rencontré les éducateurs qui travaillent dans cette école et permettent une prise en charge spécialisée de chaque élève selon leurs besoins. Ensuite, le temps que les élèves finissent leur classe, nous avons organisé l’espace pour les accueillir et préparer les activités que nous avions prévues.

Une fois les classes terminées, nous avons vu arriver une kyrielle d’enfants prêts à essayer toutes les activités que nous avions mises sur pied.

Pour les encourager à aller voir chaque activité, chaque enfant avait avec lui un faux passeport dans lequel était écrit le nom des pays associés aux activités. Une fois l’activité terminée, nous leurs collions un autocollant dans leur passeport comme nous trouvons des visas dans les nôtres. Le but était qu’ils visitent chaque pays et qu’ils aient tous les autocollants à la fin de l’après-midi.

Après cette partie de jeux, nous avons eu l’occasion de partager avec eux leur repas. Comme explicité plus haut, les enfants restent un maximum de temps à l’école afin de les préserver de la vie parfois difficile dans leur quartier. Ceci leurs permet également de manger un repas du soir équilibré. Durant ce moment, nous avons eu l’occasion d’échanger avec eux ce qui a été très apprécié et enrichissant.

Grâce à cette activité, nous avons pu identifier sur le terrain les différents facteurs qui rendent une population vulnérable et surtout comment y palier en comblant les besoins insatisfaits. Il est important de créer un environnement sécurisant et de maintenir le lien de confiance avec n’importe quelle population vulnérable. Nous avons pu également nous questionner sur l’alimentation des enfants et le lien avec l’activité physique.

PhotoBlog