23-24 Janvier 2017 : Deux journées d’observation en médecine et aux urgences

Notre petit groupe à entamé les journées d’observation cliniques par une immersion dans le service de médecine général du « PSG hospital ». Nous nous sommes focalisées sur le cas d’une patiente âgée de 68 qui avait subi un AVC trois jours plus tôt. Son diagnostic était le suivant: hémiplégie du côté droit du corps et aphasie de Wernicke (l’hémisphère gauche du cerveau a été lésée dans les aires motrices et de la parole par un hématome). De plus, dans les cas d’accidents vasculaires cérébraux, le risque de bronchoaspiration est élevé, c’est pourquoi la patiente était appareillée d’une sonde nasogastrique pour l’alimenter et assurer son apport calorique journalier. La prise en charge de cette dernière est semblable à la manière de faire en Suisse, elle portait également un cathéter intraveineux pour l’hydrater, ou faire passer des médicaments. Comme en Suisse, sa nutrition est assurée à l’aide d’une sonde mais la fréquence change. Dans notre pays, nous passons l’alimentation deux fois par jours dans la sonde nasogastrique, afin d’éviter toute gêne pour le patient, et lui permettre de conserver un rythme relativement normal par rapport à ses repas. En Inde, l’alimentation passe en continu pendant 24h, par petits bolus.

Un point auquel nous prêtons une grande attention, tout comme nos collègues Indiens, est le maintien du bon état de la peau du patient afin d’éviter au maximum les risques d’escarres. Concernant la patiente que nous avons suivie, nous avons constaté dans son dossier de soin qu’elle était mobilisée toutes les deux heures afin de changer ses points d’appuis.

Un aspect qui nous a interloquées au début de la journée était le fait que les étudiants ne peuvent pas intervenir de leur propre chef dans des situations qui requièrent une action relativement simple. Par exemple, quand la patiente était manifestement mal installée dans son lit, les étudiantes qui nous accompagnaient ont du demander à une infirmière d’intervenir et d’aider cette dernière a mieux se placer dans son lit. En Suisse, nous aurions osé mobiliser la patiente, en toute connaissance de cause et des risques, en respectant les principes d’ergonomie. Après concertation, nous en avons déduis que nous jouissons d’une plus grande indépendance en Suisse durant nos stages pratiques que ce que nous avons pu constater ici aux PSG Hospitals.

Durant nos jours d’observations au service des urgences, nous avons étés impressionnées par le calme des médecins urgentistes et infirmières. Nous nous imaginions nous retrouver dans un service plus stressant! Chacun semblait connaître son rôle et de ce fait était prêt à accueillir le prochain patient de manière efficace.

Le seul point qui nous a surprises était le peu de communication soignant – patient. Comme les indiennes nous l’on expliqué, la pathologie est premièrement prise en compte, puis vient l’aspect purement relationnel. En Suisse, de part notre expérience pratique, nous estimons prendre plus de temps pour discuter avec le patient pendant les soins directement.

Ces journées d’immersion dans différentes structures de soins indiennes sont très enrichissantes pour nous tous. Elles nous permettent d’élargir la conception des soins que nous nous façonnons en Suisse entre HESAV et La Source, en nous aidant à comprendre pourquoi une technique infirmière correctement faite est si importante, pour éviter les infections et les complications par exemple. Rien ne doit être laissé au hasard dans la pratique infirmière ! Voir des professionnels d’une autre culture faire les mêmes gestes que nous montre à quel point certains principes sont universels et indissociables des soins infirmiers.

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20 janvier 2017 : Traitement des déchets en Inde

Depuis notre arrivée en Inde, nous avons été interpelés par la quantité de déchets dans la rue et dans l’eau. En effet, nous avons pu constater que lorsque nous avions besoin de jeter des détritus, la recherche de points de collecte n’était pas chose aisée. De plus, nous avons pu observer quelques comportements intrigants. Par exemple, il est courant que les déchets soient jetés et/ou brulés dans la rue.

Suite à l’apparente pollution en Inde, nous nous sommes questionnés quant à la pollution chez nous et nous sommes arrivés à la conclusion qu’en Suisse, elle se est cachée. C’est-à-dire que nous utilisons des surplus de plastique et d’emballages, par exemple avec les fruits et légumes « bio », ou alors l’utilisation de produits de nettoyage agressifs qui se déversent dans les eaux usagées, malgré la mise en place de systèmes de traitement des eaux. De plus, nous consommons en Suisse du papier à outrance. À contrario, les indiens utilisent de l’eau pour se laver les mains avant et après un repas et non pas des serviettes en papier comme il est souvent d’usage chez nous, et ils économisent aussi le papier en se rinçant les parties intimes à l’eau lorsqu’ils vont aux toilettes.

Autre fait intrigant en comparaison avec la Suisse, nous n’avons pas observé des campagnes de promotion de l’environnement ou de tri des déchets. Nous nous sommes alors questionnés, afin de déterminer si cette différence pouvait avoir un lien avec la richesse du pays ou l’éducation de la population. La Suisse étant un pays possédant de grands moyens financiers, le gouvernement aura plus de facilité à promouvoir l’écologie et à en faire un problème prioritaire. En Inde par contre, la priorité est donnée à la promotion de la santé et l’approvisionnement en eau potable et en nourriture. On peut donc supposer que la prise de conscience concernant l’écologie et le tri des déchets peut prendre un certain temps compte tenu des préoccupations de la population.

Cependant, dans certains supermarchés, nous avons pu constater la présence de sacs en papier plutôt qu’en plastique. C’est en parlant avec une de nos accompagnantes que celle-ci nous a évoqué une évolution d’une année à l’autre dans la pratique du transport des achats. De même, nous avons observé qu’une taxe était dorénavant appliquée si l’on demande un sac en plastique.

Nous avons également eu l’occasion de manger dans des assiettes recyclées. Rien de spécial me direz vous, et pourtant. Ces assiettes étaient faites à partir de berlingots Tetra pack propres, dépliés et découpés en assiette. Après discussion avec les élèves indiens, ceux-ci nous ont expliqué qu’il y avait une usine spécialisée dans la préparation de ces assiettes recyclées.

De même, pour ce qui concerne la nourriture, les étudiantes indiennes transportent leur repas fait maison dans des boites en métal (lunchbox) chaque jour. Cela évite les plats préparés qui utilisent des emballages et produisent beaucoup de déchets.

En parlant de recyclage, les indiens étaient fiers de nous présenter leur « wasting room » présent dans chaque service de l’hôpital PSG. Cette pièce correspond au vidoir dans les hôpitaux suisses. On y retrouve le tri des déchets biologiques, du matériel utilisé, de la literie souillée, des objets tranchants ainsi que d’autres poubelles à différents usages.

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En conclusion, l’Inde évolue gentiment vers le tri des déchets. Cependant, celle-ci doit faire face à des problèmes prioritaires, par exemple avec l’approvisionnement en eau de ses habitants ainsi que la future pénurie de celle-ci.

18-19 Janvier 2017 : Soins communautaires

Nous nous levons aujourd’hui et prenons notre sac à dos pour partir en stage de santé communautaire. Nous sommes habillés en tenue professionnelle blanche, comme pour  nos autres stages. Les étudiantes indiennes, elles, portent un saree couleur rose saumon, qui les distinguent des enseignantes indiennes qui sont habillées en saree bleu turquoise. C’est à ce vêtement traditionnel que les habitants reconnaissent les soignants de santé communautaire.

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Après 10 minutes de bus, nous nous sommes retrouvés dans un milieu urbain. Gandhimanagar se trouve en périphérie de la ville. À la sortie du bus, les étudiants en communautaire présentent leur plan de soins pour la matinée à leur professeur qui le valide ou apporte certaines corrections. Par la suite, ils nous guident vers une maison tout en nous expliquant que ce sera là que nous effectuerons notre visite. En effet, nous apprenons que l’usage dans les soins en santé communautaire, est que les infirmiers frappent aux portes et demandent aux habitants s’ils ont besoin de soins, sans que cela soit planifié au préalable.

2017-01-19-photo-00000267Avant d’entrer dans cette maison devant laquelle figurait un kolam, nous enlevons nos souliers et montons quelques petits escaliers.  Nous y découvrons une femme âgée de 27 ans enceinte de son second enfant, avec son petit garçon et sa voisine. Nous nous asseyons ensuite sur le canapé et les étudiantes indiennes, qui font la visite avec nous, nous présentent leur sac spécifique pour les visites en santé communautaire, ainsi que la manière de le disposer pour travailler. En effet, chaque étudiant se promène avec un sac à dos séparé en 4 compartiments. Le premier sert de compartiment pour les cours, le parapluie et quelques feuillets d’information. Le second et le troisième sont des compartiments stériles lavés avec du savon désinfectant ! En ce qui concerne le quatrième, c’est celui où elles mettent le savon ainsi qu’un linge pour se rincer les mains. Les étudiantes demandent alors un tapis ainsi qu’une page de journal. Une fois le tapis posé, elles ouvrent la page de journal  et posent le sac sur celui-ci, qui est divisé en 4 quadrants. Le premier à gauche, sert à poser le sac. Le second à gauche est l’aire stérile.  En ce qui concerne le côté droit, le premier est pour les outils nécessaires à la consultation. Le second est l’aire de travail.

Nous commençons alors la consultation par une anamnèse, puis nous passons à l’examen physique. Celui-ci se fait de la tête aux pieds. En ce qui concerne la poitrine,  nous n’y avons pas assisté, car madame ne le souhaitait pas. En tant qu’étudiants nous avons tout à fait compris sa décision.  Nous étions 5 lors de cette visite et nous trouvons normal que l’intimité de la patiente soit respectée. Pour la palpation et l’auscultation du ventre, nous avons pu y assister. Tout d’abord, l’infirmière palpe le ventre pour découvrir la position du bébé. Ainsi, nous pouvons calculer à l’aide de nos doigts le nombre de semaines de gestation. À l’aide de la palpation, nous pouvons voir également si la tête  foetus est engagée.

Nous passons ensuite à l’auscultation. À l’aide du foetoescope, nous essayons d’entendre les battements cardiaques du bébé. A cause du nombre de mois de gestation, il n’était pas possible pour nous de les entendre. Nous nous sommes servis alors d’un stéthoscope. Nous avons tous pu écouter le coeur du foetus, la maman y compris. Nous avons observé à ce moment-là un bonheur absolu sur le visage de la maman. Ce fut pour nous un moment très touchant et plein d’authenticité.

Cette patiente, comme toute sa famille, n’avaient pas de maladie ou de besoins spécifiques. Cependant, la visite a permis d’en apprendre un peu plus sur eux, notamment que la mère  a un bas volume de liquide amniotique, une oligohydromnios, ce qui peut poser des problèmes dans le développement et la croissance normale du foetus. L’identification de ce problème permet, pour la suite de la grossesse, un suivi régulier à domicile et des surveillances par les soignants en santé communautaire.

Durant cette matinée, Nous avons aussi été introduits aux croyances culturelles de la famille. La patiente portait plusieurs bracelets en verre, de couleurs différentes, le long de ses deux poignets. Ceux-ci, appelés valayal en tamoul, sont donnés par les proches et la famille de la mère enceinte lors de la cérémonie de valaikappu, qui correspond à la fête prénatale chez nous, plus connue sous le nom de baby shower. Ces bracelets sont donnés à la mère comme une bénédiction, pour elle et son bébé. Ils ont pour fonction de stimuler le bébé par les sons qu’ils font lorsqu’ils rentrent en collision. Pour cela, la valaikappu cérémonie a lieu lors du sixième mois puisque, selon les explications des étudiantes indiennes, c’est à ce moment là que le bébé a une ouïe assez développée pour réagir aux sons. La maman portait également un bracelet en argent qui avait, d’après la croyance, pour effet d’éloigner les fantômes et le diable. Quand la future maman doit se rendre à l’extérieur, elle porte des feuilles de neem sur ses cheveux et du chili et du citron dans leur sac.

Enfin, pour une femme enceinte il est impensable de consommer certains fruits comme l’ananas ou encore la papaye pendant la grossesse. En effet, toujours selon les croyances  culturelles, ces fruits causeraient l’avortement indésirable du foetus.

Dans nos échanges avec la future maman et les autres étudiantes indiennes, nous avons été surpris d’apprendre qu’il existe une loi punissant les professionnels de la santé qui annonceraient à l’avance le sexe du bébé à la famille. Dû à de nombreux cas d’avortements ainsi que d’infanticide en Inde, le gouvernement a interdit le dépistage prénatal du sexe de l’enfant.2017-01-23-photo-00001547

En deux jours en santé communautaire, nous avons pu voir l’importance de ces soins à domicile. En effet, nous avons constaté que les maisons ne sont pas toutes ravitaillées en eau courante, ni en électricité. Elles ne possèdent pas toutes une aération adéquate et parfois elles ne sont constituées que d’une seule pièce. Ces précarités influencent la santé et le bien être de la population. C’est pourquoi, des détails comme cela interpellent les soins infirmiers. Dans l’environnement, il est aussi question de savoir  s’il y a des animaux ou de l’eau stagnante autour des maisons, dans la prévention de maladies transmises par des vecteurs, comme la dengue ou la rage. Les étudiants en santé communautaire reçoivent un long protocole dans lequel un questionnaire reprend les inquiétudes ci-dessus et d’autres encore. Nous nous sommes aussi intéressés aux revenus des familles et à leur alimentation, ceci dans le but de leur donner des conseils qui pourraient améliorer leur mode de vie ainsi que leur santé.

14-15 janvier 2017: week-end trip au Kerala

Au terme de notre deuxième semaine d’immersion dans la culture indienne nous avons parcouru l’état de Tamil Nadu jusqu’au Kerala où nous avons vécu un weekend riche en activités variées.

Au programme : départ le samedi matin de Coimbatore à 4h30 en bus, et arrivée à Alleppey où un bateau, un houseboat nous attendait. Nous avons ainsi pu découvrir cette ville du Kerala de manière unique.

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En effet, le capitaine a vogué deux heures le long des célèbres ‘’backwaters’’ du Kerala. Nous avons également pu prendre le repas de midi. Comme d’habitude en Inde, les voyages sont toujours bien rythmés : musique, danses survoltés, films et la bonne humeur de chacun. Le volume de ce spectacle est toujours très impressionnant et surprenant pour nous. En Suisse, nous sommes plutôt habitués à un niveau sonore inférieur et sommes moins extravertis. Nous avons d’ailleurs été surpris de certains mouvements lors de leurs danses traditionnelles contrastant avec leur pudeur dans leurs habitudes de vie.

Plus tard, nous accostons sur une petite rive tout à fait charmante. A notre gauche, s’étend le reste du fleuve sur lequel nous apercevons au loin des houseboat naviguant au rythme des passants qui marchent au bord de la rive. Sur notre droite, le bras de mer se termine et nous laisse entrevoir l’étendue d’eau qui nous fait face, sur laquelle nous reprendrons la route après un massage tant attendu. En effet, certains d’entre nous se sont offerts un massage ‘’Ayurveda’’ pour en expérimenter eux même les bienfaits.

Maintenant habituées à la gentillesse naturelle des indiens, nous restons pourtant à chaque fois émerveillés de l’accueil qui nous est réservé par la population indienne. Que ce soit les masseuses, les locaux, les commerçants ou encore les conducteurs de house-boat, nous sommes systématiquement gratifiés d’un sourire chaleureux et authentique. Les yeux des indiens sourient d’eux-mêmes et nous nous retrouvons souvent gênés face à eux. Certes notre culture est très différente et nous avons réalisé à quel point, en Suisse, les gens étaient bien plus individuels.

Venu notre tour de massage, nous sommes deux filles à entrer dans la petite salle sombre, où deux indiennes nous attendent tout sourire. Une forte odeur d’huiles essentielles emplit la pièce et deux grands ventilateurs tournent à plein régime ce qui atténue l’air lourd de la salle. Nous sommes invitées à enlever entièrement nos habits, ce qui nous met mal à l’aise au début. Les masseuses nous donnent alors un petit linge en guise de vêtement. Nous sommes surprises de nous retrouver dans la même pièce pour un soin aussi intime. Nous avons alors un rire nerveux pour tenter de détendre l’atmosphère. Nous avons spontanément fait abstraction de notre pudeur, le contexte dans lequel nous étions le permettant. Le massage commence de haut en bas, de la tête aux pieds. Nous nous asseyons sur un tabouret tandis que notre masseuse commence par un massage crânien vigoureux. Ce n’était pas le massage de bien-être auquel nous nous attendions. Par la suite, nous avons dû nous allonger sur le ventre sur une table de massage ayurvedique. A certains moments, nous avons eu mal, et nous sommes crispées. Mais dans leur manière de masser, nous avons ressenti qu’elles y mettaient de l’attention et cela nous détendait de façon naturelle.

Tous nos sens étaient à l’affut. Le toucher assurant des masseuses démontrait leur capacité. Lorsque l’une d’entre nous se crispait, elles nous demandaient si nous avions des douleurs ou s’il fallait masser plus doucement. L’huile ayurvedique était légèrement chaude et nous offrait un sentiment de Bien-être complet.

Nous entendions nos camarades et les marchands discuter à l’extérieur, le son de moteur des bateaux qui s’amarraient ou qui repartaient sur le fleuve, sans oublier les oiseaux qui ne s’arrêtaient jamais. Nous avons tout au long du massage fermé les yeux, afin de relâcher l’entier de notre corps et de laisser notre esprit se vider. Ce fut un moment très relaxant et même lorsque les masseuses s’en allaient rechercher de l’huile, nous n’avons pas parlé.

L’odeur de l’huile mélangée au bois de la table de massage était étrange au début. Cependant nous laissant bercer par l’environnement rassurant et calme de la pièce, nous n’y avons plus prêté attention.

En Suisse, les massages ne sont pas spontanément utilisés pour soulager les douleurs. Cependant, ils ont une place de plus en plus importante dans le traitement complémentaire des maladies chroniques, les soins palliatifs ou encore en EMS. Nous nous sommes donc questionné quant à l’utilisation plus fréquente des massages dans notre pratique infirmière. Jusqu’à présent, nous avons pu nous rendre compte que les massages dans les services de soins étaient octroyés aux patients de manière occasionnelle et pour des raisons bien précises. En outre, le manque de temps et de personnels sont des facteurs entravant cette pratique. De plus, il est important de bien expliciter la pertinence de cette pratique aux professionnels dans le soulagement de la douleur chez les patients. Nous pensons également que c’est un soin très humain, qui permet de créer une relation privilégiée avec le patient.

Après ce moment intense mais cependant très relaxant, nous avons regagné le bateau pour profiter d’un magnifique coucher de soleil et avons dégusté un excellent repas avec du poisson frais acheté dans un petit marché quelques heures auparavant. Nous avons terminé la soirée par des jeux tous ensembles.

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Le lendemain après une nuit sur le bateau, nous nous sommes dirigés à la plage. C’est là que nous avons appris qu’en Inde les femmes ne peuvent pas nager, ni se mettre en maillot de bain. Les indiennes sont allées braver les vagues de l’océan et se sont amusées toutes habillées dans environ 30 centimètres de profondeur pendant que nous les regardions curieusement au début.

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A travers cette expérience on a pu ressentir une frustration en lien avec l’inégalité entre les sexes sur une période de trente minutes. Les femmes et les hommes n’ont pas les mêmes droits, ce qui nous a conduits à une longue discussion sur leurs conditions de vie. Ce sentiment s’est d’autant plus renforcé en voyant nos camarades masculins profiter de l’eau claire sous nos yeux. En discutant entre nous de la situation, notre frustration s’est dissipée.

En regard de notre place de femmes d’Occident, nous nous sommes donc interrogées si nous accepterions de vivre dans les mêmes conditions et les mêmes restrictions de liberté. En Suisse, un immense chemin a été parcouru en matière de féminisme, mais avant ce voyage, peu d’entre nous l’aurait admis car certaines différences persistent encore dans notre société. Cet événement nous a permis de réaliser à quel point nous sommes privilégiées en tant que femme dans notre pays. Et c’était pour nous la première fois que nous assistions à une scène où la différence de droits entre hommes et femmes nous a affectées. Nous pensons donc qu’en Inde, cette différence est acceptée car elle est perçue comme une habitude et une acceptation. Cependant, l’une d’entre elles s’est confiée sur sa volonté de vouloir être un homme à certains moments de sa vie pour pouvoir profiter de certains avantages. Cette envie est la conséquence d’échanges culturels réalisés par le tourisme et l’ouverture que lui a procuré son échange en Suisse.

Nous avons néanmoins eu du plaisir à voir que nous camarades indiennes s’amusaient et rigolaient pendant cette excursion à la plage. Le principal pour nous était que chacun passe un bon moment, ce qui a notre avis a été le cas.

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12 Janvier 2017 : Visite d’un hôpital et d’une université ayurvédique

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En arrivant dans l’hôpital ayurvédique se situant légèrement en dehors de Coimbatore, nous avons tout de suite remarqué l’ambiance paisible se dégageant des lieux.

Nous avons reçu une présentation sur les concepts fondamentaux de l’ayurvéda, système complet et complexe de médecine préventive et curative d’origine indienne. Ce terme signifie en sanskrit « science de la vie ». Cette science est ancienne de plusieurs millénaires et encore utilisée aujourd’hui en Inde et dans d’autres parties du monde.

Le diagnostic se fait par une évaluation du pouls du patient. Cette évaluation permet au médecin ayurvédique de déterminer lesquelles des trois doshas (énergies fondamentales, humeurs, forces) sont dominantes chez les patient. Ces trois énergies fondamentales sont vãta (mouvement), pitta (transformation) et kapha (cohésion). En fonction des doshas dominants chez les individus, l’ayurvéda considère qu’ils auront tendance à présenter certains types de personnalités, et risquent plus de présenter certains types de maux physiques.

A l’examen du pouls va s’ajouter une anamnèse qui permettra au médecin de proposer un traitement adéquat. Les traitements peuvent se faire de manière intensive dans la clinique pendant plusieurs jours de suite pour une détoxification de l’organisme, puis en suivant des recommandations de mode de vie sain à domicile.

Le traitement inclut un régime alimentaire thérapeutique (végétarien, bio et préparations phytothérapeutiques) et des thérapies physiques (massages aux huiles, méditation, yoga, sauna).

Lors de la visite, nous avons pu visiter les salles de massages avec tables pour massages aux huiles et petits box de sauna, des chambres « communes » ou individuelles « VIP », les cuisines ou l’on prépare les décoctions et les repas et un grand jardin de légumes, fruits et plantes aromatiques bio. Attenant à la clinique se trouve une grande pharmacie ayurvédique (comprimés, huiles, produits d’hygiène personnelle, tisanes etc…)

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 En Suisse, l’allopathie ou bio- médecine est la médecine dominante et l’ayurvéda est considéré comme une médecine complémentaire. Cela implique que les praticiens de l’ayurvéda n’ont pas le droit de poser de diagnostics ou de faire des promesses de guérison. En Inde celle-ci est très développée et peut être pratiquée de manière exclusive et pas forcément en complément avec l’allopathie.

De ce fait, nous avons été interpellées par le discours de la majorité des praticiens ayurvédiques que nous avons eu l’occasion de rencontrer. En effet, ils proposent et revendiquent l’efficacité de l’Ayurvéda en thérapie unique pour de nombreuses maladies graves. Par exemple : l’épilepsie, le diabète, les paralysies et l’hypertension artérielle.

Nous avons constaté un fort décalage quant à la manière d’appréhender la balance bénéfices/risques entre l’allopathie et l’ayurvéda. Dans l’ayurvéda, les médicaments allopathiques sont considérés comme plus nocifs qu’efficaces et l’accent est d’avantage mis sur la prévention et le traitement de la maladie par des méthodes naturelles.

Nous avons trouvé très intéressant et pertinent le fort accent mis sur la diététique, le mode de vie sain et le développement de la spiritualité ou de la paix intérieure pour soigner et prévenir les maladies. Dans notre société occidentale, nous sommes confrontés à des prévalences d’obésité, de burnouts et de dépression en continuelle augmentation. En tant que future infirmières, il est de notre responsabilité de soutenir les populations. Nous devons également être à même de renseigner et d’orienter les patients s’intéressant à des thérapies complémentaires. Cette visite nous a permis d’avoir une vision plus claire et globale de ce en quoi consiste l’ayurvéda.

Il nous parait donc pertinent d’intégrer dans notre pratique les conseils d’hygiène de vie préconisés par cette thérapie afin d’augmenter le bien-être de nos patients ainsi que le nôtre.

Amandine, Halima, Keltoum

11 janvier, Anaikatty, PSG centre Programme of various physical & mental activities to boost up the brain energy

Aujourd’hui, sport au programme. Habitués maintenant à la culture vestimentaire indienne, nous nous retrouvons donc dans le bus avec les habits du quotidien et nos tongs. Nouveau défis pour nous qui sommes habitués à pratiquer une activité sportive avec les vêtements adéquats.

Arrivés sur place, nous nous trouvons légèrement en hauteur, ce qui rafraichit l’air pourtant d’habitude si chaud. Première activité, le petit déjeuner après quoi nous avons commencé l’échauffement. Nous avons commencé par la trompe d’éléphant, puis avec des lettres sur notre front et dans le dos nous avons dû composer des mots.whatsapp-image-2017-01-22-at-18-05-26

Maintenant réchauffés, nous passons aux choses sérieuses. Activité ACROBRANCHE ! Surprise générale pour nous qui étions heureux et quelques peu inquiétante pour nos amies indiennes, qui pour la plupart n’en avaient jamais fait. Cela nous a permis de constater à quel point nous avons du plaisir à pratiquer une activité physique régulière. Grâce à cela nous avons pu aider et rassurer nos acolytes.

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A l’heure de la pause, nous avons eu le bonheur de nous promener dans un charmant jardin botanique, et profiter de la vue ainsi que du calme de la nature. Après le repas et une petite sieste bien méritée, nous avons pu découvrir la créativité des professeurs de sport indiens. Ces derniers, nous ont menés à la baguette, ou plutôt au coup de sifflet tout au long de la journée. Cela rappelant un cadre plus militaire que scolaire. Avec deux planches, trois tonneaux et un terrain de volleyball, ils nous ont concocté un jeu de réflexion et de travail en équipe. Le but étant de traverser le terrain de volleyball sans toucher le sol et donc en avançant uniquement à l’aide du matériel mis à disposition. Quelques petites règles à l’appel : ne parler que l’anglais, ne pas toucher le sol et ne pas tomber de nos planches. Cela fut très intéressant de constater que nous étions capables d’y arriver (ou pas), mais cela a surtout renforcé les liens entre étudiants indiens et suisses.

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Au-delà de promouvoir le mens sana in corpore sano , cette journée sportive devait également servir à nous inculquer des valeurs très importantes dans les soins infirmiers. Nos profs de sport (membres de la faculté de management, spécialistes du team building) ont terminé la journée en explicitant tous les apprentissages que nous pouvions tirer de ces activités et joutes sportives :

-Le dépassement de soi et l’entraide sont importants pour que chacun puisse accomplir son plein potentiel.

-La communication est primordiale pour un travail en équipe efficace et pas dispersé dans tous les sens.

-Une équipe performante a besoin d’un leader coordonnant les activités et transmettant les informations de manière claire.

-L’équipe ne peut pas progresser plus rapidement que son membre le plus fort et son membre le plus faible.

-Le respect est primordial dans chaque situation et du à chaque membre de l’équipe.

-On a droit à plusieurs erreurs, tant qu’il ne s’agit pas à chaque fois de la même erreur, il y a du progrès !

-Il vaut mieux prendre un peu de temps pour se mettre d’accord que de foncer tête baissée dans un travail contre-productif.

-Les membres de l’équipe doivent se faire confiance.

C’est notamment un des buts de l’apprentissage par simulation, pouvoir faire des erreurs dans un milieu contrôlé, avant d’être confronté à la réalité avec des patients. Dorénavant, nous apprécierons nos collègues avec leurs qualités et leurs défauts, pour pouvoir ainsi mutuellement nous aider et travailler en tant qu’équipe soignante et non un seul soignant.

Patricia, Keltoum et Mélanie.

10 janvier : Homeopathic college

Aujourd’hui, nous avons visité un collège médical d’homéopathie à Coimbatore : RVS Homeopathy medical college. L’homéopathie fait partie des médecines complémentaires et donc du département de l’Ayush, au même titre que l’Ayurveda, le yoga et naturopathie, l’unani et le siddha. Elle est donc soutenue par le gouvernement indien.

Nous avons appris que l’homéopathie est d’origine allemande. Cette thérapie a été conçue par Christian Samuel Hahnemann, praticien allopathique et maître de 12 langues. Il se base sur le principe de similitude. Toute substance capable de produire les symptômes d’une maladie, peut contribuer à la combattre. Ainsi les traitements les plus similaires en allopathie sont les vaccins et les désensibilisations.

Selon ce principe, l’homéopathie essaye de stimuler plutôt que de supprimer. Il stimule le système immunitaire afin qu’il puisse se défendre. Au contraire de l’allopathie, où il s’agit souvent de tuer les cellules atteintes. Nous avons appris que les traitements homéopathiques sont souvent plus efficaces  pour les maladies auto-immunes, car ils traitent le patient de manière holistique et accroit le système immunitaire. Concernant les traitements allopathiques, l’efficacité sur les symptômes est plus rapide. Le patient ne ressent plus les symptômes de sa maladie, mais il se sent terne. Au contraire des traitements homéopathiques, le patient peut parfois ressentir encore les symptômes de sa maladie, mais il se sent plus en forme dû à leurs effet stimulant sur le système immunitaire.

Nous avons appris que parfois une combinaison des deux traitements peut être bénéfique pour le patient. Par exemple, le nux vomica peut annuler les effets négatifs de certains médicaments allopathiques.

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Ce sujet nous a beaucoup intéressés et nous avons alors effectué quelques recherches pour en savoir d’avantages. Nous avons découvert que les petites affections courantes comme le rhume peuvent être traité par des médicaments homéopathiques uniquement. Cependant, lorsqu’il s’agit d’une angine à streptocoque par exemple, il est indispensable d’ajouter des antibiotiques. Nous nous sommes alors interrogés sur l’association des traitements homéopathique et allopathique et comment elle est perçue par les professionnels en Suisse. Nous avons découvert que les médecins formés en homéopathie n’ont pas de difficulté à ajouter un médicament allopathique lorsque celui-ci est nécessaire, tandis que les médecins qui ont peu de connaissances concernant l’homéopathie préfèrent stopper le traitement homéopathique pendant la durée du traitement allopathique. Ceci peut s’expliquer par la peur des interactions entre ces deux traitements.

Les études sur l’homéopathie en Inde se font sur cinq ans et demi, la dernière année étant un stage. Le titre de praticien homéopathique est un Bachelor. En Suisse, cette formation est sur deux ans de base. Elle correspond à une formation postgrade après un titre de Bachelor en Santé.

Nous savons que très peu d’heures sont consacrées aux médecines complémentaires dans la formation de base des médecins en Suisse. Au regard de l’intérêt croissant des personnes concernant ce domaine, il est dommage qu’elle ne prenne pas une place plus importante dans le cursus.

Grace à cette expérience, nous avons pu accroitre nos connaissances sur le domaine de l’homéopathie. Certains patients croient beaucoup en l’efficacité des traitements homéopathiques, ce qui n’est parfois pas le cas des soignants. Un conflit de valeur peut alors apparaître lorsque le soignant banalise et dévalorise la prise de ces traitements. Nous pourrons ainsi dans notre pratique future mieux comprendre les patients et accepter leurs croyances et valeurs face à ce traitement.

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« Je trouve intéressant que la LAMal remboursait, avant 2005, les soins prodigués par tous thérapeutes non médecin, tandis qu’à partir de 2012, elle ne remboursait plus que les soins prodigués par les médecins FMH. Elles doivent également faire partie des 4 thérapies holistiques suivant : anthroposophical, médecine chinoise, homéopathie classique ou phytothérapie.

En Inde, le gouvernement a créé un département pour soutenir le développement et la sensibilisation de ces thérapies complémentaires. Par exemple, lors de nos visites, nous avons pu découvrir un centre de primary care où certains soins siddha étaient gratuitement prodigués.

Je me demande alors comment mieux gérer l’envie et l’intérêt croissant du public soigné pour une approche holistique à travers ces thérapies complémentaires, comme l’homéopathie. Ce questionnement est d’autant plus accrus, car il y a un soutien réduit du système politique sanitaire Suisse (en lien avec la Lamal). Lorsque ces traitements sont prodigués par un professionnel soignant qui n’est pas diplômés médecin FMH, comme une infirmière par exemple, ce traitement n’est pas remboursé par les assurances. » Janet

Janet, Flora et Aya